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 Le fil des souvenirs. [Noah Astaran]

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MessageSujet: Le fil des souvenirs. [Noah Astaran]   Jeu 1 Nov 2012 - 23:08

Un pas à droite, un saut en avant & frappe. Des rires retentissaient dans mon esprit, des rires d'enfant. Trois pas à gauche, feinte à gauche, & attaque au flanc droit.C'était mon propre rire, & le second était celui de mon frère. Parade, puis attaque directe. La voix de ma marraine maintenant, qui nous exhorte l'un puis l'autre, nous provoque ou nous conseille. Coup d'estoc.
Les rires s'éteignirent peu à peu alors que je me figeais sur ce dernier mouvement, le souffle court & la main tremblante. Mon regard était voilé de larmes contenues. Mon visage figé dans son habituelle inexpressivité, mais en moi c'était l'ouragan. Ces rires.. Ces souvenirs d'antan.. Les entraînements au maniement de l'épée avec mon si cher Lazare, sous la houlette de Mina, tutrice douce & aimante mais mentor ferme & efficace.. Mais désormais c'était sans eux que je devais m'entraîner, seule.. Sans eux. Pour eux. La solitude me pesait brusquement, comme à chaque fois que leur tendre souvenir me revenait. J'entendis mes pokémon se rapprocher, sans doute inquiétés par ce brusque arrêt dans cet entraînement qui m'était si cher. Ils savaient ce que ça signifiait, ils savait que.. Que j'avais songé à mon cher passé. Flamme alla se presser contre mon genou, alors que Martial cherchait mon regard, gémissant un léger "Pti" interrogatif.
On me les avait arrachés. Mon jumeau, ma marraine. On me les avait arrachés, on avait dévaster notre maison. On m'avait volé mon bonheur. La douleur que je tentais continuellement de maîtriser m'échappa soudain, & une bouffée de rage monta. Je devais les venger. Je me l'étais juré. Je les vengerai, & si possible je les retrouverai également.

Le Poussifeu avait dû sentir ce brusque revirement, car immédiatement elle avait bondit en arrière, bousculant au passage le Ptitard pour l'éloigner de la tornade qui sévit l'instant d'après.
Je bondissais alors de nouveau, abattant mon épée sur un ennemi imaginaire. "Votre poignet Camille, soyez plus souple". J'effectuais un parfait moulinet, ma lame tournoya & s'abattit à gauche sans crier gare. L'adversaire tombait. Comme les souvenirs en moi, aussi tranchants que l'épée entre mes mains. "Ne restez pas immobile!". Feinte, quelques pas sur la droite pour me dégager, ma vue se troublait de nouveau. Parade in extrémis. "Hé bien sœurette, qu'est-ce que t'as aujourd'hui, t'as pas l'air en forme!". Une, deux, trois larmes coulèrent sur mes joues, & je redoublais de rage. Un vague sourire contrit se forma sur mes lèvres, j’abattis mon épée dans un geste calculé. & je frappais. Encore & encore. Je travaillais mon jeu de lame avec plus d'acharnement que jamais. Me retournant brusquement, quelques larmes ruisselant les unes après les autres sur mon visage torturé, j'effectuais un nouveau coup d'estoc, avant de bondir de côté. "Votre jeu de jambes devient impressionnant Camille, persévérez!". Attaque directe, parade, parade gauche, feinte, forcer l'adversaire à reculer, l'acculer contre cet arbre, attaque directe. Mon épée se plantait dans l'arbre, je l'en dégageais aussitôt, m'écartant l'instant d'après dans un geste d'esquive, & je repartais. Je ne me laissais pas un seul instant de répit. La détermination brillait dans mes perles d'émeraudes où continuaient de briller des larmes non contenues. Esquive, moulinet du poignet, un adversaire désarmé. Saut à droite, nouvelle feinte, parade, coup à l'épaule.

A quelques pas de là, les deux pokémon observaient leur dresseur, vaguement désemparés. Comme à chaque fois que telle vague de rage la prenait. Ils restaient cependant impressionnés par le spectacle qu'elle offrait, bondissant de ci & de là, mettant à profit ce jeu de jambes qu'elle avait acquis, frappant sans crier gare.


Dernière édition par Camille O. Jaegan le Dim 4 Nov 2012 - 12:19, édité 1 fois
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Noah S. Astaran
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MessageSujet: Re: Le fil des souvenirs. [Noah Astaran]   Dim 4 Nov 2012 - 1:38


.............................................NOAH & CAMILLE..............

Je reviens tout juste de la bibliothèque. J'y ai passé plus de deux heures, le coude appuyé sur le rebord de la fenêtre, l'autre bras retenant la page de mon livre. J'ai l'impression que mon poing, refermé contre ma joue durant cette longue période d'étude, s'est imprimé dans mon épiderme. Mon cou et mon dos m'élancent douloureusement, m'arrachant des grimaces de douleur alors que mes bas me mènent d'instinct jusqu'à ma chambre. Je me passe une main à la nuque, la bouche pâteuse. Mes pas se font lourds dans les couloirs déserts et mes bras ballottent de part et d'autre de mon tronc. J'ai envie de lancer mes livres de la plus haute tour de l'école. Ils me pèsent, enfouis dans mon sac. J'ai l'impression qu'ils s'animent d'une vie propre et se secouent d'eux même contre mon dos. Je claque la langue, impatient. Mon humeur se dégrade à chaque pas. Je rejoins ma chambre comme à reculons et lance mon sac dans un coin de la salle, tout près de mon lit. Je m'y blottis, avec une envie de hurler. Les études me dépassent, ces temps-ci. À mon arrivée à Alcea, je n'en avais rien à faire de mes notes. Au contact de Jade, peut-être, j'ai appris à travailler sérieusement. Heureusement, tous mes efforts rapportent. Mais tout de même, ce rythme ne me correspond pas. J'ai l'habitude de flâner des heures dans les recoins de l'école, participer dans les clubs, rencontrer des gens, socialiser... Où est donc partie ma vie sociale? Une brise vient me caresser le visage. Je relève la tête en repoussant une mèche rebelle de mon oeil. La fenêtre ouverte m'indique que Janyss s'est sauvée pour une balade. Bien. Je n'aurai pas à endurer sa mauvaise humeur. Je me sens moi-même peu apte à discuter, ni même à sourire. Ce travail m'a jeté au plus bas, je vois noir.

Je reste étendu un long moment sur mes couvertures, les yeux clos, à faire le vide dans mon esprit. «Astar, bouge ton cul, va prendre de l'air!». Je grogne. Ne pourrais-je pas rester ici à rien faire, sans voir personne et assimiler la matière révisée? Je serais bon à quoi, avec cette gueule, de toute façon? Lorsque mes membres se mettent à trembler, je réalise que cette voie interne a peut-être raison. Pourquoi combattre sa propre nature? D'un grand mouvement de bras, je chasse cette noirceur passagère qui m'étreint parfois. Cette fois, je crois être tombé bien bas. Me laisser choir sur mon lit comme un gamin qui boude... Franchement! J'enfile des pantalons de jogging et un chandail plus confortable avant de quitter la pièce sans un regard derrière moi. Je fais jouer mes épaules afin de chasser la douleur qui me barre le dos avant m'enfoncer dans les couloirs et les escaliers. J'ignore où je souhaite aller, mais je dédaigne le gymnase en passant devant. Non. Je m'engouffre dehors, dans l'air frais du mois de novembre. Je me mets à trotter, en prenant de grandes respirations qui m’aèrent l'esprit. Je me fraie un chemin parmi les herbes hautes, ressentant la présence des Pokémon sauvages autour de moi. Aujourd'hui, je ne me sens pas d'attaque de les combattre. Nuki reste donc dans sa Pokéball, dans ma poche. Il m'en voudra probablement de ne pas l'avoir fait sortir un peu aujourd'hui. Je m'en fiche. Vaut mieux ne pas croiser personne aujourd'hui.

La musique sur mes oreilles, je m'éloigne de plus en plus de l'école. Les pas frustré, je serre la mâchoire avant de m'élancer dans un sprint. Vers nulle part. Je cours. Le souffle me manque, je continue. Quelque chose manque, je n'arrive pas à mettre le doigt dessus. Je cours longtemps. Mon corps est fort. Mais bientôt il s'épuise. Le CO2 s'accumule trop vite dans mon corps. Je ralentis. Je m'arrête. J'essaie de respirer. Par Arceus, qu'est-ce qui me prend? Je ne me suis jamais senti si seul à Alcea. À genoux dans l'herbe, je reprend peu à peu mon souffle. La douleur dans ma poitrine s'estompe. Je réussis à me redresser, les jambes flageolantes. Je sais bien ce qui se passe. Je m'ennuie d'elle. Une vraie torture. Je n'en peux plus. Je décide de rentrer, bien décidé à la regagner. Je ne fais pas deux pas qu'un bruit différent de ma musique attire mon attention. Je retire le casque de mes oreilles, cherchant l'origine de cet étrange son métallique. Je me fraie un chemin en me fiant sur mon ouïe. J'aboutis sur un terrain plus plat, où l'herbe rase est piquetée de quelques arbres. Je me prends presque les pieds dans un Pokémon, un Poussifeu. Je le reconnais aussitôt. Il s'agit de celui de Camille. Je relève la tête et l'aperçois un peu plus loin. Elle danse, littéralement, avec cette lame qui ne la quitte jamais. Sa chevelure d'or la suit, balayée par le vent et par ses mouvement frénétiques. Ses yeux émeraude ont perdu tout éclat, comme si elle avait quitté ce monde. Je connais bien cette tristesse furieuse qui la met parfois hors d'elle pour l'avoir surpris auparavant. Je connais son pouvoir destructeur. Bien décidé à y mettre fin, je m'approche en faisant le plus de bruit possible, tout en surveillant la danse de l'épée. D'une voix bien forte, je m'annonce:

«Camille!»

Je ne cherche pas à en dire plus. Je doute qu'elle ne veuille me parler de ses douleurs, qu'elle garde toujours secrète. Par contre, si ma présence peut lui apporter un peu de réconfort, alors je m'en sentirais bien.
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MessageSujet: Re: Le fil des souvenirs. [Noah Astaran]   Dim 4 Nov 2012 - 12:14

Un, deux, & attaque. L'épée frappa un arbre, tintant sur le coup, & de nouveau j'effectuais un brusque demi-tour pour repartir aussitôt dans mon combat rageur. Les souvenirs défilent sous mes yeux, le vague sourire contrit reste accroché à mes lèvres tandis que tout mon visage est tendu par la colère & la souffrance à la fois. Les rires continuaient de résonner dans mon esprit, se mêlant à la voix de femme qui prodigue des conseils. Le fait que je ne les reverrai peut-être jamais & que ces souvenirs demeureraient des souvenirs doux mais douloureux, me revint une fois encore, & je redoublais de hargne. La lame filait plus vite, tintant plus souvent sur un arbre ou une souche. Je brûlais littéralement. J'avais mal, je voulais en finir, mais je ne le pouvais. Non, je ne le pouvais pas, il fallait d'abord que je les venge.. & pour cela, il me fallait vivre avec cette souffrance dévastatrice.
Haine, douleur. Feinte, parade. Coup d'estoc.

Les deux pokémon continuaient de regarder la danse de leur dresseuse, ne sachant que faire pour l'apaiser. Ils se sentaient inutile, & n'aimaient pas cela. Le Poussifeu s'aperçut à peine que quelqu'un avait manqué de trébucher sur elle. Mais elle vit le jeune homme entrer dans son champ de vision avec surprise, alors qu'il se dirigeait vers Camille de façon fort peu discrète.

L
a lame dansait, frappant ici & là des adversaires imaginaires, ceux que je rêvais de massacrer pour venger mon frère & ma marraine, pour laver notre honneur à tous les trois. Je frappais, encore & encore. Sans même y penser, je tournoyais & attaquais vivement. Les souvenirs coulaient toujours en moi sans que je ne cherche à les refouler. Les rires de mon frère se mêlaient aux indications de ma marraine, tous deux m'interpellaient régulièrement, leurs deux voix seules résonnaient en moi en une douloureuse mélodie, mais je ne les repoussais pas. Au contraire même, je continuais de les déchaîner, maniant encore & toujours cette épée. & soudain, une troisième voix, criant mon nom elle aussi. Je me tournais vers son origine d'un bond agile, brandissant ma lame devant moi.
Réalité.
Il était à peut-être deux mètre de moi, & mon épée se tenait entre nous deux. Je le reconnus rapidement. Mon bras trembla, & retomba lentement, mollement. Je tremblais. D'un geste habile, sous couvert d'essuyer la sueur de mon front, j'épongeais mes larmes à l'aide de ma manche gauche. Cependant désormais que j'avais éclaté, contenir ces larmes m'étais difficile. Mais je résistais au mieux. Il m'avait déjà surprise dans un éclat semblable, mais le-dit éclat avait été moins violent que celui du jour, & le garçon était arrivé plus tard, alors que j'avais déjà commencé à retomber. Pas comme aujourd'hui.
Non, pas du tout comme aujourd'hui. Je n'avais pas du tout commencé à retomber, l'éclat avait été bien plus violent. La rage m'étreignait encore puissamment, la souffrance me torturait avec une violence folle. J'en tremblais encore, ma respiration en était difficile alors que mon souffle était déjà court. Mais je résistais autant que possible. J'en montrais le moins possible, pourtant mon visage & mon regard me trahissaient sûrement en partie.

- C'est toi, Noah..
soufflais-je d'une voix brisée, entre autres par ce souffle court.
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Noah S. Astaran
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MessageSujet: Re: Le fil des souvenirs. [Noah Astaran]   Lun 5 Nov 2012 - 21:45

NOAH & CAMILLE

Oui, c'est moi. Je suis là. Elle a cru que je n'avais aperçus ces larmes qui baignaient ses joues... La pauvre. J'avais eu tout le temps de les admirer à mon arrivée dans la clairière. Ces larmes lourdes et collantes, qui glissent de l'oeil sans même un clignement des paupières. De vraies larmes de douleur et de non-sens. Malgré ce mouvement de bras pour les effacer, leurs consoeurs se font toujours sentir au fond de ces prunelles émeraude. Son visage, rouge vif et couvert de sueur, respire une frustration interne brutale et profonde. Je devine une blessure au coeur jamais cicatrisée, encore fumante et humide. Un mal si grand qu'il m'effraie un peu. La violence, toujours présente dans ses yeux, redescendant dans son bras jusqu'à la pointe de son épée qui me fixe, l'anime ses membres. Elle met un peu de temps à revenir vers la réalité. Je patiente, la respiration basse, bien calme. Alors qu'au fond de moi, je panique. Si j'ai déjà vu Camille assassiner des ennemis du passé avec beaucoup de hargne par le passé, jamais je ne l'ai vu dans cet état. Cette sorte de folie douloureuse qui la meurtrit. J'ignore que faire pour la soulager. J'ignore comment la prendre. Contre qui elle en veut tant? Peut-être à elle-même. Dans ce cas, quelle action terrible aurait-elle pu commettre pour s'en vouloir ainsi? Je l'observe calmer un peu sa détresse et remettre son épée en sécurité dans son fourreau.

Je scrute son visage, à la recherche de son regard fuyant. Je me souviens encore la première fois que je l'ai aperçue, dans son costume d'homme et portant l'épée... Comme je l'ai trouvé étrange et fascinante. J'ai tout de suite eu envie de percer son mystère. Elle sortait de tous ceux que j'avais rencontré ici, à Alcea. Une excentrique totalement assumée et sûre d'elle. Cette démarche de femme à la détermination d'un homme. Tout un personnage. Ma curiosité titillée, j'ai aussitôt dû lui parler. Je désirais ferment en savoir plus. Depuis, je n'ai pas découvert grand chose. Mais j'ai obtenu une complice certaine. Et la voir ainsi me plonge dans un grand désarroi. J'ai cherché à creusé dans ces évènements qui l'ont tant bouleversée. Tout ce que j'ai pu découvrir: elle avait un frère jumeau. J'ignore son nom. Je ne sais même pas s'il est encore en vie ou mort ou je ne sais quoi. Je n'en veux pas à Camille de me cacher la vérité. Au contraire. Le jour où elle me fera assez confiance pour me faire part de ses souffrances, alors mon oreille attentive sera là pour l'écouter avec respect. Sans jugement. Avec douceur et compréhension. Je lui dois bien cela. Par contre, elle peut bien garder le secret si le poids de la confidence s'avère trop lourd à supporter. D'une façon ou d'une autre, je ferai le concierge. Celui qui nettoie les dégâts. Une position qui me plaît. J'ai toujours été une épaule bienveillante pour tous mes copains.

Avec Camille, les choses sont plus complexes. D'abord, parce qu'à cause d'elle, Jade croit que je la trompe. En fait, mon amie n'y est pour rien. J'ignore toujours pourquoi mon ex-copine a réagi ainsi en me voyant avec la jeune fille. Je ne l'ai jamais touchée. Ni dragué. Ni embrassé. Nous sommes amis, tout simplement. Deux esprits un peu tordus et indépendants. Libres et fiers. Ma séparation avec Jade a renforcé cette distance physique entre nous deux. À présent, je la rejette du revers de la main. Je saisis Camille par les épaules et l'entraîne contre mon torse. En d'autres circonstances, je m'en serrais abstenu, après avoir tant sué lors de ma course. Je doute qu'elle ne m'en veuille. Même si elle se débat un brin, je serre plus fort, plus tendrement, histoire de la faire lâcher prise. Je pose ma joue sur sa tête blonde en lui insufflant toute ma force et mon soutien. Notre étreinte dure plusieurs minutes durant lesquelles je cherche par-dessus tout à détendre ses muscles tendus. Je respire l'odeur âcre de sa sueur et celle, plus salée, de ses larmes. Je me détache un peu pour l'observer.

«Ça va un peu mieux?»

Pas de minouchage, pas de flafla. Une simple question en quête de réponse. Mes yeux bruns la scrutent, toujours plus avides de percer le mystère qui l'entoure. Mais au fond, je m'en fiche bien. Tout ce qui m'importe est la santé mentale et physique de ma complice.
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MessageSujet: Re: Le fil des souvenirs. [Noah Astaran]   Mer 7 Nov 2012 - 12:59

L'air de rien, je respire profondément. Tente de m'apaiser autant que possible, mais en vain. Au bout d'un moment, je finis par replacer ma lame dans mon fourreau. D'un geste tellement mécanique que je m'en rends à peine compte. En moi tourbillonnent les émotions & sentiments à une vitesse folle. Si vite que je ne parviens pas même à les identifier. Je ne cherche pas non plus à y parvenir. Tout ce que je veux, c'est enfin réussir à les maîtriser. Qu'ils cessent de m'oppresser. Que les larmes cessent enfin de vouloir s'enfuir, que les souvenirs refluent & emmènent avec eux cette explosion de souffrances & de rage. Je me bats contre moi-même, en vain. Tout mon corps est tendu par l'entraînement précédent, & par cet effort désespéré de maîtrise. Mais je n'arrive à rien, si ce n'est à retenir in extrémis les nouvelles larmes qui veulent m'échapper. J'ai mal. Tellement mal que la douleur en devient presque physique.
Soudain il se saisit de mes épaules, & un instant plus tard me serre contre lui. Ce contact, le premier avec un autre humain depuis ce fameux jour, me donne l'impression d'être emprisonnée, privée de ma liberté, ce contact m'effare & me révolte, je me débats. Mais même ma force me trahit, mes tentatives de me libérer me semblent si faibles. Mais visiblement il le sent tout de même, car il me serre plus fort. Un instant je songe à tirer mon épée, cela l'obligerait à me libérer, mais le risque de le blesser me retient. Sa joue se pose sur ma tête, son étreinte n'a rien d'agressif, juste de la douceur. Il veut juste m'aider, comme toujours, & ce même sans connaître la raison de mes tourments. Alors, sans réellement savoir ce qui m'y a poussée, je renonce. Je me laisse aller. Je le laisse essayer de m'aider. Je ferme les yeux & me concentre juste sur ma respiration. Tentative vaine pour oublier. Mais je ne suis pas seule, je m'en aperçois. J'ai un ami, & c'est un ami qui même sans comprendre tente de m'aider. La souffrance est toujours là, toujours aussi forte, mais la rage commence lentement à refluer lentement dans cette étreinte inattendue, rendant la douleur un peu moins oppressante. Je ne suis pas seule, finalement.. & c'est à cette pensée que je me retiens, pour enfin me maîtriser.
Quelques minutes ont passé ainsi, dans le silence. Alors il se détache légèrement, & m'interroge. Vais-je mieux? Je laisse s'écouler un instant. La colère a retrouvé une place plus contrôlable, plus semblable à sa place normale, me permettant de dresser un peu mieux la souffrance. Les larmes ne me brûlent plus les yeux à vouloir à tout prix s'enfuir. Je ne vais pas bien, je le sais. & comment pourrais-je aller bien, hantée par ces fantômes de souvenirs que je dois venger quoiqu'il m'en coûte? Non, je ne vais pas bien. Mes tourments me poursuivent sans répit. Je m'entraîne sans cesse pour parvenir à ce but que je me suis jurée d'atteindre. Je ne vais pas bien & je vis avec. Mais il m'a tout de même un peu apaisée après ce violent éclat, j'ignore comment mais il y est parvenu. J'arrive à poser mon regard dans le sien. Il m'a rappelé que je n'étais pas seule, même sans savoir le réel visage de mon combat. Alors au moins, faute d'aller bien je vais mieux.

- Oui. Merci.

Une réponse simple, courte. Sans ornements particuliers, comme sa question auparavant. A quoi bon faire plus? Un regard peut exprimer bien mieux que mille & unes phrases. Car il est des fois où les mots ne suffisent pas.
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Noah S. Astaran
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MessageSujet: Re: Le fil des souvenirs. [Noah Astaran]   Mer 7 Nov 2012 - 21:33

NOAH & CAMILLE

Mieux oui. Bien non. La différence entre les deux? Palpable. Pas besoin d'un doctorat en psychologie pour deviner que Camille continue de souffrir de cette douleur profonde et intense qui l'habite. Faute de l'éradiquer, j'ai au moins réussi à en contenir la force. La violence qui faisait trembler ses membres semble s'être dissipée. J'en suis soulagée. Cet état de fureur, rappelant certainement la force des vagues contre les rives lors d'une tempête, menaçait de me submerger un instant plus tôt. Je sais jongler avec l'agressivité excessive, les paroles blessantes et les couteaux du regard. Mais pas avec les troubles profonds d'une âme blessée. Ce type de violence vient de plus loin encore. De la partie la plus sombre de l'être humain, la partie la plus primitive et pure qui soit. Malheureusement, elle est liée directement avec des éléments cognitifs importants tels que la mémoire. Lorsque la mémoire s'active et que certains éléments déclenchent des émotions, j'ai bien l'impression que cette zone est touchée et que s'en suit alors une détonation plus grande que nature. Moi-même n'en ai jamais vécu de pareille. Je n'ai jamais rien vécu qui soit digne de mention. J'ai grandi dans une famille richissime, été nourri à la petite cuiller d'argent... Je n'ai jamais perdu un membre de ma famille non plus. Le pire conflit interne qui me soit arrivé et qui perdure toujours à ce jour est le manque d'appui de la part de mon père vis-à-vis mes aspirations. Ce qu'a vécu Camille, j'en suis certaine, relate probablement du drame. Du genre film pokéwoodien. Un film qui te donne mal au coeur tellement la vie s'acharne sur le personnage principal. Rien de ce qu'à pu dire mon amie n'a pu me lancer sur cette piste, mais pourtant, je sens que j'ai raison. À voir cette douleur éclater devant mes yeux. Le corps trahit les plus vives émotions.

Encore une fois, je m'interroge sur ces fameux évènements. Le deuil peut-être, d'êtres proches. Une action regrettée. Un viol peut-être... Cette dernière idée me fige le sang dans les veines. Le précieux liquide se remet en marche dans mon corps, bouillonnant cette fois. Je le jure, je tuerais le malade qui aurait touché ne serait-ce qu'à un cheveux de Camille! Je lui défoncerais le crâne. Sans aucun remords. Il ne faut pas que je pense aux viols de femmes et d'enfants... Ils me rendent fous d'injustice et de colère. Si on devait s'en prendre de cette façon à un proche... Je préfère ne pas penser à ma réaction. Peu importe ce qui a affecté la jeune fille, je sais bien qu'il s'agit d'une montagne, et non d'une petite colline exagérée, comme certains adolescents aiment faire. On peut reprocher bien des choses à Camille Oscar Jaegan, à commencer par sa solitude obstinée. Par contre, il n'y a pas plus fidèle à elle-même qu'elle. Pas difficile de deviner, donc, que la blonde souffre réellement. Nuki doit ressentir sa peine, lui aussi, car il s'extirpe tout seul de sa Poké Ball pour venir étreindre la jambe de la jeune femme. Ce comportement me fait sourire. Il est si mignon et attentionné. Une de ses plus grandes qualités: sa sensibilité aux autres. Je prends le Coupenotte dans mes bras, mi-amusé. J'espère que cet élan d'affection inespéré du petit dragon saura lui avoir remonté un peu le moral.

Pour le moment, je me couche dans l'herbe et scrute le ciel. J'intime mon amie à faire de même. Le ciel est magnifique. D'un bleu pratiquement étincelant. J'entends les cris d'oiseaux Pokémon au loin. Une trop belle journée pour avoir le moral bas. Je repense à ma crise, un moment plus tôt. Je l'avais presque oubliée en reportant mon attention sur mon amie. À présent, je la trouve démesurée et insensée. Je n'arrive plus à comprendre les sentiments qui m'ont habités il n'y a pourtant pas si longtemps. Je soupire intérieurement. Je devrais peut-être prendre en compte mes propres conseils et trouver une façon d'extérioriser mes sentiments. Camille n'est peut-être pas la meilleure personne pourtant. Avec ce qui s'est passé avec Jade, je ne souhaite pas la voir se taper sur la tête et culpabiliser.

«Une si belle journée...» je souffle d'une voix rauque.

Ne trouvant rien de mieux à dire. Tout simplement car nous vivons tous deux des sentiments trop profonds et douloureux pour en discuter. Surtout elle.
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MessageSujet: Re: Le fil des souvenirs. [Noah Astaran]   Ven 9 Nov 2012 - 2:02

| J'avais un joli RP, mais cet abruti de facebook a fait planter le net & paf, a pu RP. Ou comment désespérer en une leçon. C'est moins bien, j'ai pas eu la foi de tenter de me rappeler les détails. & la fin est bancale. Rouuwr, pour une fois que j'aimais vraiment mon texte i_i |

Non, je ne vais pas bien, juste mieux. Mais c'est toujours mieux que rien. Je continue de lutter contre moi-même. Je n'éclaterai pas une seconde fois, je garderai le contrôle. J'y suis résolue. D'autant que je ne suis pas seule, je ne suis plus seule. Mes tremblements ont cessé. Les larmes ne me brûlent plus les yeux. La colère est presque totalement refoulée à sa place d'origine. Je repousse alors la souffrance lentement mais sûrement.Je repousse difficilement les souvenirs qui aujourd'hui sont si douloureux. Il suffit désormais. Le contrôle de mes membres & de mes sens me revient peu à peu. Mon regard d'émeraude se pose alors sur Flamme, qui se trouve à un peu moins d'un mètre de nous, l'air inquiète mais empêchant Martial de me rejoindre, nous laissant du temps & de l'espace, presque de l'intimité. Elle a visiblement confiance en Noah pour m'apaiser, sinon elle l'aurait sans doute retenu. Ce n'était plus arrivé depuis.. Oh.. Oh, Lazare..
Mon cœur se serre avec une force inouïe tandis que l'image de la maison saccagée, dévastée s'impose à moi. & plus encore, celle de la chambre autrefois lumineuse, devenue si lugubre désormais que son propriétaire y a été arraché.. La souffrance revient alors avec violence. Mon poing tremble. Non! Non, pas encore, il suffit. Je n'éclaterai pas une seconde fois, pas aujourd'hui. Je m'y refuse. & je tente de repousser la colère qui veut renaître, la douleur qui m'opprime la cage thoracique, les souvenirs douloureux qui voudraient défiler.
Une étreinte inattendue au niveau de ma jambe, coupant net le tourbillon infernal en moi. Mon regard d'émeraude se baisse vers l'origine de ce geste, & je reconnais Nuki, le Coupenotte de Noah. Sorti spontanément de sa pokéball visiblement, je l'aurai entendu si le jeune homme avait appelé son pokémon. A-t-il donc senti ce désespoir dont je suis la proie perpétuelle, si violent aujourd'hui? C'est possible. Ce brusque élan d'affection semble le montrer en tout cas. Un élan d'affection qui me touche bien plus que je ne le montre. Mon ami se penche avec un léger sourire pour prendre son petit dragon dans ses bras. Il était sorti sans appel, sans aucun avis que le sien, pour tenter d'apaiser mon âme si tourmentée. & je dois bien admettre que ce n'est pas totalement inefficace.
Il s'allonge alors dans l'herbe, & m'invite à en faire autant. Je laisse passer quelques instants, durant lesquels je constate que ma colère est retombée à un niveau normal. Enfin, normal pour moi du moins. La douleur & le tourbillon de souvenirs avaient eux aussi commencé à refluer. Je le fixe en silence. Il souffle quelques mots, que j'approuvais d'un hochement de tête, avant de m'étendre à mon tour, mon regard d'émeraude posé sur les cieux. Il a su m'apaiser, sans que je comprenne comment. Sans savoir dans quels tourments je me débats & sans même le demander, il m'apporte son aide. Il a su m'apaiser, & ce n'est ni chose commune, ni chose aisée.
Je sais qu'il s'interroge pourtant. Les questions se bousculent dans ses yeux bruns, tant de sentiments & d'émotions y défilent, parfois si vite que je ne puis pas toujours les identifier. & que je ne cherche d'ailleurs pas à le faire. Pourtant il ne formule jamais tout cela. Il se contente d'être là, malgré ce qu'il a perdu en chemin. Il reste présent, il tente de m'aider à lutter contre des démons dont il ignore le visage. Que peut-il bien s'imaginer pour expliquer mes tourments silencieux, mes éclats violents, mon goût de la solitude, & toutes les bizarreries dont on m'affabule? Non il ne demande jamais la vraie réponse, il n'insiste jamais pour comprendre, il respecte mon silence. Il se contente d'être là, à tenter de me soutenir contre des fantômes inconnus à ses yeux. Pourtant il se pose des questions, je le sais. Des questions sur lesquelles il ne peut que supputer, & auxquelles il ne s'attend apparemment pas même de réponse.
Doit-on donc tous en être réduit à courir après des démons sans visage?

- Quel étrange jeu que la vie. je murmure tout bas.

Les deux dresseurs s'étaient allongés dans l'herbe. La jeune femme avait l'air plus paisible. Le poussin rouge retint un petit cri soulagé. Elle avait donc bien fait de laisser le garçon tenter sa chance, de lui accorder sa confiance. Il avait su calmer Camille. Maintenant, c'était à elle de prendre le relais, & la petite Poussifeu rassurée prenait cette précieuse mission très à cœur.
Mes yeux d'émeraude se ferme sur ces réflexions, sur ces mots d'apparence impromptus. Seuls me parviennent nos respirations & les sons de la nature. La paix de la forêt. Une si belle journée, en effet. Je sens un plumage doux & tiède se rouler en boule contre ma gorge, tandis qu'un instant plus tard une petite peluche ronde pousse sur mon bras pour se caler au creux de mon coude.
Un jour, il faudra peut-être que je lui dise. Un peu. Un jour. Pas aujourd'hui.
Je n'y pense plus. Je ne veux plus y penser. Pas aujourd'hui.
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MessageSujet: Re: Le fil des souvenirs. [Noah Astaran]   Dim 11 Nov 2012 - 1:05

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La colère semble vraiment s'être dissipée, mais la douleur reste toujours la même. Malgré tous mes efforts, je ne peux rien y faire. Je ne peux pas conseiller. Le pourrais-je de toute façon. La nature du secret de Camille m'effraie un peu. Saurais-je y faire face si un jour elle plaçait dans la confidence? Comment réagir à une peine si immense qu'elle me submerge moi-même? Serais-je capable de rester serein, d'éviter de m'approprier ses sentiments, elle que je considère désormais comme une soeur? Je soupire intérieurement en réalisant qu'avant de vouloir soutirer des informations à la blonde, je devrais peut-être lui faire part de mes propres inquiétudes. Encore une fois, un flot de question me bousculent: comment pourrais-je lui parler de la belle Jade sans attirer chez elle des remords? Sait-elle que je ne lui en veux pas le moindre du monde, que je sais bien qu'elle n'y est pour rien? Je dois fermer les yeux un instant afin de dissiper tous ces doutes qui m'assaillent. Ils ne font qu'entraver mes relations avec elle. N'ai-je pas promis d'être présent à ses côtés, peu importe ce qui peut se passer? Je le ferai alors. J'ignore tout de la lourde tâche de grand frère, étant le cadet de deux enfants. Ma grande soeur n'a jamais servi de modèle de ce côté. Nous nous haïssons presque. En voilà une qui se serait sentie tout à fait à sa place parmi les Narcissus. Malgré tout... je me sens étrangement responsable de Camille Oscar Jaegan, comme si, en effet, il s'agissait de ma petite soeur. Peut-être suis-je en train de combler un vide intrinsèque? Ou peut-être, au contraire, suis-je en train de remplir un trou dans la vie de Camille, sans m'en rendre compte. Je ne saurais dire. Ce sentiment, pourtant, m'habite. J'ai bien du mal à le contrôler. Heureusement pour moi, sa manifestation ne se fait jamais déplacée et ne mine en rien nos rapports.

Je me sens particulièrement heureux lorsque la jeune femme vient se coucher dans l'herbe, non loin de moi. Sa présence chasse mes démons, malgré l'aura malsaine qui s'échappe malgré elle de toutes les pores de sa peau. Une comparaison avec autrui remet souvent nos pendules à l'heure sur la gravité de nos problèmes. Je la sens se détendre d'autant plus lorsque ses deux compagnons viennent de blottir contre elle avec un amour inconditionnel et volontaire. Je les observe, tous les trois, en souriant. Un tel lien me réchauffe le coeur. Un lien aussi solide que celui qui me rattache à mes propres Pokémon. Je me rassure en me disant que si je devais disparaître, Camille aurait au moins ses Pokémon sur qui compter. Jamais ils ne l'abandonneraient. Le plus grand avantage d'être un dresseur: la certitude de savoir que, peu importe ce qui arrive, on ne se retrouve jamais vraiment seuls. Puisqu'ils sont là. À notre côté. Je serre Nuki contre moi dans un élan d'affection. Se dernier l'apprécie et enfonce ses petites griffes dans mon T-shirt, tout en calant son museau dans le creux de mon cou. Comment se sentir triste bien longtemps avec eux? Je sens mes questions s'envoler dans le ciel bleu à une vitesse hallucinante. Les Pokémon. Une vraie drogue, mais une bien saine. Et tous les élèves ici la consomment régulièrement. Toujours, l'idée d'être un dresseur Pokémon sait me rassurer et éloigner mes pires doutes et mes plus violentes colère. Je suis la voie qui m'a été tracée. Rien de plus beau. Je jette un coup d'oeil vers Camille, une idée prenant lentement place dans mon esprit. Et si je rappelais à mon amie la grande joie d'être un dresseur?

Je me relève sur mes coudes, laissant Nuki glisser le long de mon torse. Il a l'air plutôt mécontent d'avoir brisé notre étreinte, mais je ne sourcille pas. J'observe Camille, hésitant. J'ai un peu peur que mon intervention passe mal. Et si elle refusait? Peut-être me trouverait-elle un peu enfantin... Cette proposition sortirait bel et bien de nulle part et ne collerait pas du tout au contexte. Pourtant, j'ai la certitude qu'une bonne dose de combat Pokémon saurait faire oublier, du moins momentanément, la douleur du passé. Je me jette donc à l'eau avec un petit sourire.

«Camille... Ça te dirait un combat Pokémon?»

Sorti de nulle part en effet. Je sais que Camille devinera parfaitement mes intentions. Pas besoin, donc, d'en brosser un portrait tout à fait inutile. Je la fixe d'un regard ouvert. Je prendrai sa réponse négative si telle doit l'être. Je sens que Nuki s'est redressé cependant, tout comme Flamme et Martial. Les Pokémon sont toujours partants, eux, pour ce genre d'évènements.
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MessageSujet: Re: Le fil des souvenirs. [Noah Astaran]   Mar 13 Nov 2012 - 1:04

Souffle la brise dans les feuillages, les herbes & nos cheveux. Chantent quelques oiseaux pokémons au loin. Paisible est la forêt. Doux est l'instant..

Mes yeux restent clos, je me concentre uniquement sur mon entourage. Respirant profondément, calmement. La douleur reste, encore & encore, étreignant & meurtrissant mon cœur. Mais elle est de nouveau supportable, comme la colère maîtrisée précédemment. Je vide mon esprit autant qu'il m'est possible, je repousse tous ces souvenirs dans un coin de ma mémoire puisqu'aujourd'hui ils ne servent qu'à me faire perdre mon contrôle. Je vide mon esprit autant qu'il m'est possible, concentrant toute mon attention sur la nature & sur la quiétude du moment. Mais je sais que ces efforts sont vains, qu'ils ne parviendront au mieux qu'à ramener ma colère & ma souffrance à leurs niveaux habituels, car rien ne saura m'apaiser réellement. Non, rien. La blessure est trop grande. Rien ne saura m'apaiser réellement, si ce n'est peut-être que justice soit enfin faite, que les coupables paient, que l'offense soit lavée. Mais si cela assouvira ma colère, cela diminuera-t-il la souffrance? Oh.. Vider mon esprit, ne plus y penser..

Mes pokémons sont blottis contre moi. Petites boules de chaleur, débordantes de soutien & d'amour, de force & de courage. Que deviendrai-je sans eux? Je préfère ne pas y penser. Comme je préférais ne pas penser à ce que je deviendrais sans.. Oh Flamme, Martial, mes amis, mes chers amis, ceux qui partagent ma vie au quotidien. Ceux qui partagent mes entraînements, mes repas, mes cours, mes nuits & même mes cauchemars, ceux qui m'accompagnent à chaque instant, ceux qui ont déjà choisi de me suivre le moment venu. Être votre dresseur est un honneur & un plaisir, l'un de mes seuls & derniers plaisirs. Alors.. Si je devais vous perdre, c'en serait sans doute définitivement fini de ma raison. Je n'aurais plus de raison de vivre autre que celle de faire justice, d'assouvir mes vengeances. Vous êtes ce qu'il me reste de plus précieux mes amis.
& sur ces pensées je les serre légèrement, l'un & l'autre, contre moi. Non, imaginer demain est déjà difficile. Mais l'imaginer sans eux, cela relève juste de l'impossible.

Finit par venir un moment où une question me tire de mes rêveries. Noah. Un combat de pokémon. Proposition qui semble comme sortie du néant. Mais je suis loin d'être dupe, & je devine bien vite ses intentions. Une légère bouffée de respect & d'affection me prend alors. Il me supporte, avec mon caractère complexe & mes sautes d'humeur, il veut m'aider sans connaître la cause de mes tourments, il a même apparemment fini par parvenir à me connaître. Son amitié, son dévouement me touchent. Je n'en mérite sans doute pas tant, moi qui porte tant de tourments inavoués.
& alors je m'aperçois une nouvelle fois de l'importance qu'il a pris depuis notre première rencontre. Mon seul, mon dernier ami parmi mes semblables. Il est presque le modèle du grand frère présent & protecteur, même sans savoir ce qu'il se passe réellement dans la tête de sa petite sœur. & cela me touche.

Je rouvre les yeux, & m'assois. Il s'est lui aussi relevé légèrement, désormais appuyé sur ses coudes, & me regarde, attend ma réponse. Les trois pokémons se sont redressés à l'idée évoquée, chacun à leur rythme, mais tous prêts. Ha, même si je l'avais voulu, je ne pourrais refuser. Pas devant l'enthousiasme toujours débordant de Martial, qui sautille presque sur place. Affection. Alors je me lève. Le combat risque d'être déséquilibré, mon têtard bleuté a sûrement moins de chances que Flamme face à Nuki. Mais un entraînement me fera le plus grand bien dans l'état actuel des choses, & il a tellement envie d'être celui qui m'apportera cela, & il a tellement envie de ce défi. Je baisse mon regard & croise le sien, mon petit têtard bleu comprend & bondit joyeusement. Ce sera lui.
Mes océans émeraudes se posent alors sur le jeune homme qui attend encore.

- Avec plaisir, Noah.

Ma gorge est encore légèrement nouée, & ma voix encore un peu rauque. Mais mes yeux ont en partie retrouvé leur lueur normale. Il ne me manquait plus qu'un entraînement, & cela mon ami a l'air de l'avoir compris.
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MessageSujet: Re: Le fil des souvenirs. [Noah Astaran]   Mar 13 Nov 2012 - 15:05

NOAH & CAMILLE

Je souris à mon amie soulagé. Bien sûr, elle n'affiche pas une réaction de joie démesurée à l'idée de combattre son vieil ami, mais une étincelle s'est allumée dans ses yeux. Je constate alors que mon intuition a porté ses fruits. Elle se relève, plus droite et plus sûre d'elle. Cette douleur est repartie dans son coffre, bien caché sous son crâne. Ce coffre ne peut se cadenasser, mais au moins, il retient en partie les effets néfastes des souvenirs si tranchants de mon amie. Pour un moment, il ne se renversera plus, puisqu'une autre entité de son cerveau sera sollicitée: celle de la compétition. Une fibre qui touche à l'aire de la création et des sentiments. Je me relève à mon tour, sentant l'excitation me gagner. Si Camille ressent la même chose que moi, à ce moment présent, alors je peux me coucher tranquille. J'aurai réussi ma mission. Sinon, eh bien... Je peux au moins profiter d'un peu d'exercice. Les combats se font rares ces temps-cis, malheureusement. La passion qui m'habite lors de ceux-ci n'a pas d'égal. Je me mets à rager encore une fois sur cette foutue école qui brime mes plaisirs et ma liberté. On nous forme pour devenir dresseurs et pourtant, j'ai à peine le temps de combattre entre les devoirs et les leçons! Je m'éloigne de Camille sur cette pensée. Je devrais passer moins de temps sur toutes ces matières plus ou moins utiles pour vraiment m'améliorer dans ce quoi je suis vraiment doué. Même si cela doit vouloir dire de négliger un peu les cours. Cette décision me remplit de joie, mais j'ignore si je saurai la tenir. Les remords m'emprisonnent chaque fois que je tente de mettre mon plan à exécution.

Nuki m'a suivi jusqu'à la lisière de cette clairière, tout près de l'endroit où nous sommes arrivés un moment plus tôt. Il a l'air de mourir de hâte. Ses petits yeux cherchent les miens avec impatience. Je lui fais signe de se calmer un peu. Il a tendance à s'emballer et à perdre son focus, en combat. Son petit caractère nous a fait perdre, lui aussi, à quelques reprises. Je me penche vers lui et lui caresse le haut du dos en lui murmurant une parole encourageante. Je lui rappelle de rester concentrer sur ses actions et de ne pas se laisser aller à sa colère. Elle ne servirait à rien dans une situation pareille. Il me scrute de ses prunelles rougeâtres avant d'acquiescer, docile. Il sait bien que j'ai raison. J'espère simplement qu'il saura mettre mes conseils à exécution, cette fois. Le petit dragon s'avance de quelques pas vers le Ptitard d'un air digne. Celui d'un dragon prêt à frapper. Je souris. Avec sa petitesse, cette expression fait un peu cocasse. Je le laisse faire pourtant. Je sais à quel point ses origines mythiques sont difficiles à combattre. J'adresse un regard vers Camille pour m'assurer qu'elle soit bel et bien prête. Je tire une pièce de ma poche et tire au sort qui de nous deux lancera le premier l'assaut. Le hasard me désigne pour commencer, je remets donc l'objet dans ma poche avant de lancer ma première commande:

«Nuki, Griffe!»

Le petit dragon s'exécute avec une vitesse qui me surprend moi-même et griffe sauvagement le tétard sur le ventre. Un bon coup. Je félicite Nuki avant de voir ce que Camille réserve pour Martial.
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MessageSujet: Re: Le fil des souvenirs. [Noah Astaran]   Mar 13 Nov 2012 - 23:18

Il m'adresse un sourire suite à ma réponse. Est-ce du soulagement que je vois dans son regard, a-t-il craint une réponse négative, un rejet? Comment l'aurai-je pu? Il se détourne, & s'éloigne vers la lisière de la clairière, Nuki sur les talons.
Puis mes yeux se posent de nouveau sur Martial, croisant les siens. Non, nous n'avons plus besoin de parler pour nous comprendre dans ces cas-là. Nous nous connaissons désormais si bien, & cela fait 2 ans que nous nous entraînons ensemble presque quotidiennement, augmentant petit à petit le niveau & les exigences. Entraînement qui enfin commence peu à peu à porter ses fruits. Alors le plus souvent nos regards nous suffisent. Il y voit mes mots, ma confiance, mes conseils qu'il connaît désormais par cœur, ma détermination au combat, mon désir de toujours nous améliorer. J'y vois son enthousiasme, sa joie, sa rage de vaincre, sa détermination au combat, son désir de toujours faire mieux. Nous nous connaissons si bien, désormais. Nous avons si vite appris à nous connaître, en réalité.
Il finit par se détourner à son tour, & s'avance vers le centre de notre terrain improvisé avec l'air du conquérant. Sachant que le petit têtard qu'il est part se battre contre un dragon, cela peut sembler quelques peu cocasse. Pendant ce temps, Noah se baisse vers le-dit dragon, caressant légèrement son dos, lui murmurant quelques mots. Je sourirais presque de cette scène touchante. Presque. Puis le pokémon quitte le dresseur, pour s'avancer vers son adversaire, avec un air aussi cocasse que celui de mon camarade bleuté tantôt sur son visage encore enfantin de petit reptile. Dans le même temps, le jeune homme me consulte du regard. J'acquiesce, & il sort une pièce. La lance. C'est face. Nuki ouvre donc la danse.

Les mots du dresseur précèdent de peu l'action du pokémon. Rapide, une attaque Griffe fuse vers le ventre de Martial, qui bondit de côté mais ne parvient pas à l'éviter. Une attaque sauvage, puissante de la part d'une si petite chose. Pourtant le Ptitard l'encaisse sans problème. En réalité, c'est une attaque qu'il connaît bien, puisque Flamme la possède aussi. Il est habitué à la recevoir durant nos nombreux entraînements. Mais c'est la première fois qu'il y reste si stoïque. À peine a-t-il grimacé en retombant suite à sa tentative d'esquive & à la griffure, & d'ailleurs il se redresse aussitôt. Il a masqué sa faiblesse mieux qu'il ne l'avait jamais fait. Il encaisse donc de mieux en mieux les coups.. À cette pensée, une étincelle de fierté traverse mon regard.
Noah quand à lui, félicite l'attaque bien placée de son pokémon.
Es-tu prêt mon ami? C'est à ton tour.

- Martial, lance Écume.

& le têtard s'exécute aussitôt, le regard lançant des éclairs, pressé de rendre la monnaie de sa pièce à son adversaire. Sous mon regard attentif, une large nuée de bulles bleutées s'envole alors vers le petit dragon, avec une rapidité remarquable. D'ailleurs.. Ne serait-ce point légèrement plus rapide qu'hier à l'entraînement, mon ami? Tu te surpasses aujourd'hui, visiblement. & ce sur plus d'un plan.

Le poussin rouge observait sa dresseuse d'un air tendre, le regard doux. La jeune femme ne pensait plus à ses démons, qui étaient enfin retournés dans leur coffre. Elle était concentrée sur le combat, elle avait mit le reste de côté. Elle se battait juste, encore & encore, toujours plus déterminée. C'était une bonne chose. Oh oui, tellement bonne chose. Camille était de nouveau elle-même, ses yeux avaient retrouvé leur éternelle lueur combattive & acharnée.
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MessageSujet: Re: Le fil des souvenirs. [Noah Astaran]   Mer 14 Nov 2012 - 14:52

NOAH & CAMILLE

La rapidité de cet Écume me surprend énormément. Je me rends compte que j'ai sous-estimé notre adversaire. Je remarque une amélioration phénoménale chez le Ptitard et une détermination que je ne lui connaissais pas. Je souris. La joie d'un Pokémon qui combat. Le combustible de mon être. Une ondée d'excitation fait frémir quelque chose au fond de moi, répandant une poussée de minuscules cloques sur ma peau. Je me sens fier pour Camille et son Pokémon impressionnant que j'avais d'abord pris pour pas grand chose. Au contraire. Celui-là est destiné à évoluer et devenir grand et fort. J'ignore quel chemin tout tracé mon amie a prévu pour lui (je sais bien qu'elle en a une, à connaître son esprit stratégique), mais je sais une chose: nos combats deviendront bien difficiles lorsque ses deux copains évolueront, bien avant mon Coupenotte et ma Yanma. C'est connu, les dragons prennent du temps à se développer. Tout de même, une attente qui en vaut largement la peine. Je me l'imagine déjà à sa dernière forme, me dépassant d'un cran... Quelle sensation étrange. Je mettrai du temps à m'y habituer. Je me secoue d'un coup. Pas le temps de rêvasser! Un combat se déroule sous mes yeux et Nuki compte sur moi.

L'Écume lancé en direction du Coupenotte porte ses fruits. Il reste un moment figé dans les bulles, ne sachant que trop faire. L'attaque n'a pas la puissance qu'elle l'aurait pu, compte tenu de la résistance du dragon aux techniques de type eau. Par contre, elle ralentit considérablement Nuki qui s'en rien bien compte. Un atout considérable sur lequel nous ne pouvons plus trop compter. Par contre, Camille vient candidement de donner une puissance insoupçonnée à mon Coupenotte, une puissance que je tiens à utiliser. Je fais signe au petit dragon de retenir cette énergie alors qu'il brise les bulles autour de lui avec ses crocs. Il n'a pas l'air très content de cette attaque.

«Groz'Yeux!»

Nuki s'exécute, mais je ne suis pas certain de l'effet véritable de cette attaque sur la défense de notre ami Martial, qui semble impeccable aujourd'hui. Il est temps de relâcher cette énergie.

«ASSURANCE!»

Cette attaque, doublée en puissance par la douleur ressentie lors de la réception de ce coriace Écume, saura faire des dégâts, je l'espère. Mon Pokémon s'entoure d'une lueur violette passant au noir puis fonce tout droit vers le tétard.
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MessageSujet: Re: Le fil des souvenirs. [Noah Astaran]   Jeu 15 Nov 2012 - 11:34

Groz'yeux, une attaque du type de celles que nous n'utilisons jamais. Quoiqu'elle puisse paraître plus intéressante que d'autres attaques non offensives. Elle ne m'inquiète pas grandement, même s'il faudra garder à l'esprit que la défense de Martial a sans doute légèrement diminué. Mon pokémon semble sur ses gardes, s'interrogeant sans doute de la même façon que moi sur ce que nous préparent nos adversaires. Il faut réagir rapidement, profiter de l'atout que nous avons acquis en diminuant la rapidité du petit dragon. Je m'apprête à indiquer une contrattaque, mais Noah me devance & demande une autre attaque.
Assurance! Je serre les dents. Voilà une attaque puissante, du moins au vu du fait que Nuki vient de subir un coup avec l'Écume de mon têtard bleuté. La force d'Assurance sera sûrement doublée. Donc c'est une attaque qui pourrait nous faire grand mal, mais pourtant le Ptitard ne tente pas de l'éviter. Je m'interroge un instant sur la raison de cette immobilité. Un instant seulement. Un éclair de compréhension traverse mon regard alors que je me souviens de cette tactique, dont il a déjà usé face à Flamme une ou deux fois. Il se prépare juste à riposter, il se concentre quitte à prendre un coup dur. Peut-être avons-nous donc encore une chance de gagner. Oui. Nous n'avons pas encore tout perdu. Même s'il vient de se prendre l'attaque violemment, de plein fouet, & retombe quelques pas plus loin, sur le dos.
Cette fois-ci, il grimace plus, clignant d'un œil alors qu'il se redresse légèrement, il peine à rester aussi stoïque qu'il le fut au coup précédent. Mais il se reprend rapidement, & remet sur ses pattes d'un bond. & même sans voir son regard, je peux déjà imaginer la combattivité qui y règne alors qu'il se place face à l'adversaire, le fixant sans ciller. & il lance l'attaque sans que je n'ai besoin de le lui demander. Malgré les coups qu'il vient de subir, il reste déterminé & assuré, & sans trembler il hypnotise le petit dragon vert à l'aide de la spirale noire de son ventre.

- Bonne initiative Martial. Désormais, relance Écume.

& la nuée de bulles bleutées se forme de nouveau. & il les expédie une nouvelle fois sur Nuki, avec une vitesse égale à la fois précédente, nous montrant que ce n'était pas le fruit du hasard & que mon petit têtard a réellement gagné en rapidité. Il ne nous reste plus qu'à espérer que l'Hypnose lancée juste avant fasse dormir le pokémon de Noah assez longtemps pour nous permettre de l'affaiblir de façon satisfaisante.
Car je ne me fais aucune illusion. Il possède une attaque qui ne nous permettra pas la victoire si nous lui laissons l'utiliser encore juste une fois ou deux. & il est d'un type difficile à atteindre pour ce cher Ptitard. Pour l'instant, du moins..
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MessageSujet: Re: Le fil des souvenirs. [Noah Astaran]   Jeu 15 Nov 2012 - 23:22

NOAH & CAMILLE

Je jubile intérieurement. Cette attaque nouvellement apprise, porte ses fruits. Je n'ai jamais vu une attaque aussi puissante chez le petit dragon. Même son apparence a de quoi impressionner. Avec ses petites flammes violettes et noires qui lèchent l'air autour de lui. Il a quelque chose d'un peu démoniaque qui me plaît. Assurance reste une technique facilement contrôlable, bien que parfois risquée. Dans un match aussi serré contre un adversaire coriace et du même niveau, elle peut changer la vapeur. Je compte donc l'utiliser à sa pleine valeur. L'utiliser à répétition pour vaincre Martial avec la puissance à l'état pur. Une caractéristique particulière des dragons. Une attaque à tout casser. Mon Coupenotte a du chemin avant de savoir défoncer des crânes, mais je sais qu'il a du potentiel. En plus, il m'a comme dresseur. Une équipe d'enfer. Je vais surmonter ce défi grâce à cet Assurance. Oui, nous parviendrons bien à la battre! Comme prévu, Nuki s'est un peu compromis en attaquant de si près et reçoit une bonne gerbée de bulles dans la figure. Ouch. Plus efficace que je ne l'aurais cru. Je ne m'inquiète pas trop par contre. En apparence du moins. Un de mes points forts durant les combats. Mon visage expressif devient de glace lorsque je me mesure à un autre dresseur. Je souris à Camille, encore une fois fier des progrès qu'elle a réalisé avec toute son équipe. Je sais qu'elle prend grand soin d'eux.

Je vais pour riposter quand un évènement me prend de court. Une ondée partant du ventre spiralé du têtard vient endormir Nuki en pleine course qui s'écroule par terre, totalement dans les vapes. Je jure intérieurement. La jeune fille nous a bien eu. Je vois le petit dragon se relever de quelques centimètres avant de retomber, encore plus endormi. Nous ne l'aurons pas aussi facile. Malgré mes appels, le Coupenotte reste les yeux clos, à dormir paisiblement. Le Ptitard en profite pour l'attaquer d'un barrage d'Écumes qui, lentement mais sûrement, amochent sérieusement mon Pokémon. J'essaie de penser à une tactique qui me permettrait de réveiller mon pauvre Nuki... Puis, un éclair de génie.

«ATTENTION NUKI, UN POKÉMON GLACE VIENT TE GLACER!!»

D'un bon spectaculaire, le Coupenotte se réveille en hurlant. Je ris pour moi-même. Un truc qui fonctionne à tout coup. L'heure de se venger a sonné:

«Assurance-moi ce Pokémon, Nuki!»

Ce dernier s'exécute, l'esprit encore un peu embrouillé, convaincu que son adversaire est en fait un Pokémon de type glace. Il ne le manquera pas celui-là.
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MessageSujet: Re: Le fil des souvenirs. [Noah Astaran]   Sam 17 Nov 2012 - 13:48

Peu à peu, mais sûrement, les Écumes répétées de Martial blessent sérieusement notre adversaire, que son dresseur ne cesse d'appeler, tentant de le réveiller. Ah, l'attaque Hypnose, vraiment plaisante, ou en tout cas plus plaisante qu'elle n'en a l'air pour celui qui la possède. N'importe quel pokémon endormi naturellement se réveillerait immédiatement s'il était attaqué, exactement comme le font les humains. Mais s'il est sous le coup d'Hypnose, le réveil est plus difficile, & l'endormi peut encaisser plusieurs offensives avant de parvenir à émerger. Voilà pourquoi Nuki ne réagit pas aux bulles bleutées expédiées par mon cher têtard, ni aux appels de Noah. Son sommeil est encore trop lourd. Malheureusement, je sais bien que cela ne dure pas bien longtemps, & qu'il faut alors agir vite & bien..

Un pokémon glace vient te glacer? Drôle de formule. Cependant efficace, puisque le petit dragon semble douché, & se relève d'un bond avec un hurlement effaré, Hypnose ou non. Sur l'injonction de son dresseur, il s'élance vers mon ami, l'air mal réveillé mais déterminé. Oh, croit-il encore avoir un type glace face à lui? Voilà qui n'est pas bon pour nous, cela semble le rendre plus agressif encore. Le temps de réagir ne m'est pas donné, les deux combattants étant trop proches l'un de l'autre pour cela. Martial amorce bien un bon de côté pour tenter de s'échapper, mais là aussi le temps manque, & l'Assurance du Coupenotte le frappe sans qu'il ne puisse avoir la moindre chance de l'esquiver.
Mon pokémon fait alors un court vol plané, & chute lourdement sur le dos, quelques pas plus loin. Cependant en bon tenace qu'il est, il se relève encore. Cette attitude m'arrache un très léger sourire fier. Acharné & combattif, quoiqu'il arrive & quoiqu'il lui en coûte, c'est tout lui. Mais il faut savoir reconnaître lorsqu'on perd, & il est temps que je le lui rappelle. Oh, cette dernière attaque ne l'a effectivement pas mis k.o, mais il est si affaibli qu'une simple attaque Griffe du premier venu l'achèverait. Il est vaincu. Nous sommes vaincus.

- Cela suffira je pense. C'était un beau combat, cependant l'on ne peut pas toujours gagner.

Je m'approche de mon têtard bleuté, tandis que Flamme va se presser contre lui, accolade amicale & réconfortante. Il s'est retourné vers moi à mes dernières paroles, l'air triste de devoir abandonner. Mais il se résigne rapidement, sachant comme moi à quel point ses chances de gagner sont désormais quasiment nulles. Il hoche la tête, mais une certaine déception se lit encore dans son regard, que je soutiens sans ciller. Ah mon ami, un dragon n'est pas un adversaire facile, & tu lui a déjà fort bien résisté. Tu n'étais juste pas encore prêt. Mais n'aie crainte, cela viendra vite, dans quelques temps tu sauras vaincre ces mythiques créatures.

Mes yeux d'émeraude se tournent ensuite vers le jeune homme que nous venons de combattre, & je lui adresse un signe de remerciement pour ce bel affrontement, & sans doute également pour sa présence, mais un signe qui également promet revanche. Je sais, je sens, qu'il comprendra tous les sens de ce bref geste. Après tout, il semble commencer à bien me connaître.
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MessageSujet: Re: Le fil des souvenirs. [Noah Astaran]   Sam 17 Nov 2012 - 21:16

NOAH & CAMILLE

J'observe l'attaque de Nuki avec des yeux arrondis de surprise, malgré moi. Je n'ai jamais vu Nuki avec une telle puissance entre ses petites pattes. La rage abîme son beau visage enfantin dans un rictus de haine que je lui ai rarement vu. Ses prunelles ont perdu toute luminosité. Pas de doute, il rêve toujours, mais éveillé. Son ennemi, placé devant lui, n'a pas l'intention de le combattre mais bien de le tuer, dans son épaisse rêverie. Il ne va pas se laisser faire oh non. Il donne tout ce qu'il a dans cet Assurance monstrueux qui fait bien des dommages au pauvre Martial qui va s'écraser plus loin après un vol plané impressionnant. Le Coupenotte retombe sur ses pattes et semble confus un moment avant de se secouer. Il aperçoit le Ptitard étendu dans la poussière au loin et lâche un cri de surprise. Il n'a pas l'air de réaliser qu'il vient de perpétrer cette attaque. Il me jette un coup d'oeil nerveux par-dessus son épaule mais je lui souris tranquillement. Ma réaction semble l'apaiser. Le dragon reporte alors son attention sur le combat, prêt à en finir une fois pour toutes! Car le coup donné a été d'une surprenante force. Le pauvre Pokémon eau n'en mène pas large. Le combat est dans ma poche. Plus qu'un coup de griffes et nous aurons gagné! Je m'apprête à donner l'ordre quand Camille arrête le combat. Elle a réalisé que nous avons gagné, cette fois. Cette fois. Oui. Car au regard qu'elle me lance, elle se vengera assurément. J'ai déjà hâte à cette revanche.

«Vous avez été trop forts, vous deux. Martial s'est beaucoup amélioré! Cet Écume wow!»

Je ne me sens pas particulièrement obligé de me montrer gentil. Mais fanfaronner n'est pas trop mon truc, malgré mon statut de Narcissus. J'ai beaucoup apprécié notre combat qui s'est avéré des plus excitants. À la lueur qui brille dans les yeux de mon amie, je devine que ses démons se sont résorbés et que son coeur peut fonctionner de nouveau efficacement. Je ressens une vague de fierté et de contentement. J'aime tant aider les autres lorsque je le puis. Encore plus la miss Jaegan, une personne précieuse de mon entourage. Je l'observe prendre soin de son Ptitard en allant féliciter Nuki. Peut-être devrais-je lui parler un peu de mes propres doutes... Je devrais m'ouvrir, car ma poitrine me serre, moi aussi. Une autre fois. Savourons cette belle bataille pour le moment. Je glisse un baiser rapide à Nuki qui m'observe, l'air très fier de lui. En bon dresseur, je vais en ajouter une couche, histoire de bien lui enfler la tête:

«Bravo, Nuki, ton Assurance n'a jamais été aussi parfait!»

Je me retourne ensuite vers Camille qui me fait un signe de remerciement. J'en comprends toute la valeur et hausse un brin les épaules en voulant dire: «Bahh toujours là pour ça!».

«Tu veux rentrer ou discuter encore un peu? On pourrait aller à la cafétéria manger un truc, mon estomac commence à me travailler.»

Nuki poussa un grand soupir. Lui aussi, le combat lui avait creusé l'appétit.
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MessageSujet: Re: Le fil des souvenirs. [Noah Astaran]   Sam 17 Nov 2012 - 23:52

Compliment sur la maîtrise nouvellement améliorée de l'attaque Écume de Martial. Malgré ses blessures, celui-ci se gonfle de fierté à l'idée que son adversaire, qui pourtant l'a dominé, reconnaisse ses progrès, mais surtout son effort & cette nouvelle force. Du bout du bec, Flamme lui donne une pichenette moqueuse. Gare à tes chevilles mon ami, elles pourraient enfler, & je doute que tu apprécierais grandement. Bien que tu puisses, en effet, être fier de ce grand & brusque progrès, pour le moins inattendu.
Pendant ce temps, le jeune homme a rejoint son petit dragon pour le féliciter. Ce dernier semble également fier de lui, le Nuki. Il peut, c'était un bon combat, & il l'a gagné avec sa belle attaque. Mais l'envie me titille de lui dire de surveiller ses chevilles, lui aussi. Ce serait bien dommage qu'il ne parvienne plus à lancer son Assurance..

Proposition. Rentrer ou rester avec lui, discuter? Peut-être aller manger un bout. Mon regard se tourne vers les cieux ensoleillés. La cafétéria, à cette heure, ne doit pas pas être très fréquentée. & après les émotions de cette dernière heure, de quoi nous sustenter ne serait pas de refus. Je pose mes yeux sur mes pokémons, quettant leur avis. Aussitôt, le têtard bleu manifeste, à l'aide d'un petit cri enthousiaste, que lui aussi, le combat a brûlé son énergie de réserve. Le poussin se contente d'approuver d'un petit signe. Soit, puisqu'il y a sans doute peu de monde, allons-y maintenant.

Légèrement, je hoche la tête, & me retourne vers Noah qui attend ma réponse. Discuter un peu, en voilà une bonne idée. Maintenant que le coffre s'est plus ou moins clôt, maintenant que colère & douleur ont retrouvé leur place, & que j'ai retrouvé pleine possession de mes capacités, discuter 'réellement' avec lui -ce que nous n'avons plus trop eu l'occasion de faire ces derniers temps- me semble une fort bonne idée. D'autant que depuis quelques jours, je le sens inexplicablement troublé. & ce n'était pas aujourd'hui, du moins pas avant ce combat, que j'aurais été en état d'évoquer calmement & plus ou moins subtilement ce sujet. Mais ce sont justement ces évènements du jour qui me convainquent d'agir, ou du moins d'essayer. Il en fait tant pour m'aider, sans même savoir l'origine de les tourments. Si je peux l'aider à mon tour, je le ferais sans hésiter une seule seconde, & ce même s'il ne me dit rien. Malgré tout je préfèrerai qu'il en parle lui-même, sans que j'ai forcément à lui proposer l'air de rien une ouverture. Après libre à lui d'accepter ladite ouverture ou non, & quoiqu'il décide je serai là. Comme il est là pour moi.
Oh, j'en avais presque oublié le goût de l'amitié..

- Va pour la cafétéria alors. Mais avant, je suggère de passer par le centre de soins. Nos amis en auraient bien besoin.
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MessageSujet: Re: Le fil des souvenirs. [Noah Astaran]   Lun 19 Nov 2012 - 23:25

NOAH & CAMILLE

Mon ventre se met à grogner férocement. J'ai peut-être un peu sous-estimé ma faim. La concentration me fait parfois perdre le fil de mon propre corps en combat. Toute mon attention est tournée vers la bataille et chaque neurone a l'occupation importante de me faire gagner. Mes fonctions vitales prennent un peu le champ parfois... Me voilà qui en subit les conséquences. Ma longue course dans la clairière m'a aussi creusé fortement l'appétit et je commence à me sentir un peu faible. Que voulez-vous, un grand corps comme ça, ça prend du carburant à brûler! Je me retourne vers Nuki qui se dirige vers moi, l'air franchement fatigué. J'essaierai de le convaincre de se coucher un peu après notre souper. Un nouvel entraînement nous attend ce soir, dans la piscine, cette fois. Il ne pourra pas se donner à fond sans un petit dodo bien mérité. Je me sens soulagé quand Camille accepte de se rendre à la cafétéria. Je prends le Coupenotte dans mes bras et attend qu'elle récupère ses effets. J'ouvre la marche dans les hautes herbes. Je n'avais pas réalisé que je m'étais rendu aussi loin dans ma fuite effrénée. Comme une poule sans tête. Je fuyais quoi? Moi-même probablement. Ceux-là que je fuis dans les études, dans mes entraînements au gymnase... Tout le temps, à répétition. Je reste silencieux sur le chemin du retour, tentant de combattre mes sombres pensées. Je réalise après un moment que ce silence n'a rien de naturel et que Camille commencera certainement à s'inquiéter. J'entame donc une conversation sur les entraînements Pokémon qui me détend aussitôt.

Nous arrivons un long moment après au campus. La marche nous a laissé complètement épuisés mais nous prenons tout de même le temps de faire un tour au centre de soins. Martia et Nuki bien reposés, nous nous dirigeons vers la cafétéria. Le repas se déroule dans la bonne humeur, mais je suis si absorbé par la dégustation de mon plat que j'en oublie totalement de lui parler de ces doutes qui m'enserrent. Ou peut-être est-ce un oubli inconsciemment souhaité?

FIN
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Le fil des souvenirs. [Noah Astaran]

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